Instax Square SQ6

Je vous présente le petit dernier de la gamme Instax de Fujifilm, j'ai nommé l'Instax SQ6. SQ pour square c'est à dire carré en français et 6 pour... on imagine que c'est parce que les photos font 6cm par 6.

L'année dernière Fujifilm avait lancé son premier appareil au format carré (le SQ10) que j'avais également pu tester. J'adore faire joujou avec ce genre d'appareil et si vous avez lu mes articles, vous savez que j'attendais cet instantané hybride avec impatience. Sur le papier, ce bébé cochait théoriquement toutes les cases de ma whishlist: capteur numérique, possibilité d'éditer les clichés avant de les imprimer, pleins de réglages, moins gros que l'instax wide, format carré, bref le top. Sauf que... sauf qu'il y a toujours un MAIS.

D'abord je trouve le SQ10 moyennement agréable a prendre en main. Je ne sais si c'est sa forme, son poids ou le fait qu'il y ait un écran LCD mais je le trouve finalement peu pratique pour la prise de vue et j'ai toujours peur de le faire tomber. L'autre gros bémol, ce sont toutes les possibilités qu'il offre. Ca peut paraitre complètement dingue d'écrire un truc pareil mais le fait de pouvoir éditer un cliché à posteriori avec une myriade de paramètres tue un peu la magie du produit. Ca dénature un peu le concept instantané de l'Instax ! Fallait la sortir celle la. 

Voyons tout d'abord ce qu'il y a dans la boite: du papier (mode d'emploi). Une sangle (perso, je ne l'utilise jamais). Deux piles de type CR2 (d'après Fujifilm vous devriez pouvoir faire 300 clichés avec). J'aurais vraiment souhaité avoir une batterie rechargeable comme sur le SQ10 quitte a payer 10 euros de plus.

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Ensuite on trouve trois clips de couleurs à placer sur le flash de l'appareil. Ca c'est une super idée et c'est nouveau. C'est la première fois que Fuji ajoute ce genre d'éléments avec un appareil instax; un bon moyen d'être encore plus créatifs (notamment avec le mode double exposition). Trois couleurs pour ces clips: un rouge, un vert et un violet.

Enfin voici la bête... il est pas beau?

Imaginez que Fujifilm prenne le meilleur de chaque appareil instax analogique disponible à ce jour et concentre tout dans un boitier. Ca vous donne l'Instax SQ6. Alors certes il est légèrement plus gros que l'Instax Mini 90 qui était mon appareil favori jusqu'a présent mais c'est justifié par la différence de format d'impression.

La prise en main est vraiment sympa avec de bonnes idées de fonctions qu'on va voir ensemble dans quelques instants. Pour une fois, on a enfin un boitier qui ne ressemble pas à un jouet. La finition est au petits oignons et vous avez un choix de trois couleurs moins flashy que d'habitude. Officiellement les couleurs sont Pearl White, Blush Gold et Graphite Gray. Pour faire simple en français ça veut dire blanc, or rose genre iPhone et gris.

Sur le dessus de l'appareil vous trouverez le bouton ON/OFF. Il offre une bonne résistance; un bon point donc car en général on a le droit à des trucs mal ficelés qui n'empêchent pas l'appareil de s'allumer par inadvertance.

L'objectif de 66mm à l'avant est équivalent à un 32mm en 24x36. C'est une focale légèrement moins large que celle du SQ10 mais elle vous permettra de photographier des portraits ou de faire des photos de groupes avec moins de distortions. Bien évidemment, évitez de mettre les doigts dessus.

De part et d'autre de l'objectif vous trouvez un petit miroir pour cadrer vos selfies et les capteurs d'exposition.

Le viseur : si vous regardez à l'intérieur vous verrez un cercle au centre. C'est la cible qui va vous permettre de composer votre image. La seule exception, c'est quand vous utilisez le mode macro de l'appareil, mais j'y reviens dans quelques instants.

Sur le côté vous avez le compartiment pour les piles. A l'arrière cette petite fenêtre vous indique le nombre de clichés que vous pouvez encore prendre. Il y a aussi la trappe pour placer le pack de film.

A droit et à gauche de petites encoches vous permettent de placer la sangle si vous l'utilisez.
Petite nouveauté physique très bienvenue sous le boîtier: un pas de vis pour trépied. Vous allez désormais pouvoir être présent sur vos photos autrement qu'en mode selfie.

On finit par trois boutons sur le dos de l'appareil qui permettent de sélectionner les différents modes photos, d'activer le timer de 10 secondes ou de désactiver le flash. Précision importante: le SQ6 est le seul appareil avec le SQ10 et l'Instax mini 90 a avoir un mode timer. Donc cool, merci Fuji. L'indicateur du timer clignote 7 secondes puis reste allumé 3 secondes avant que l'appareil ne se déclenche.

Tiens petit tuyau au passage, si de façon générale vous pouvez éviter d'utiliser le flash, faites-le. Essayez plutôt de privilégier un bon éclairage extérieur ou intérieur quand vous composez vos images. Par défaut les Instax flashent à tout va pour s'assurer que vos photos soient toujours bien piquées mais avec une contrepartie qui s'appelle surexposition. Au prix du film ça fait toujours mal au coeur d'avoir une photo blanche où on discerne à peine deux yeux en se concentrant.

On passe aux modes photo.

Vous avez d'abord le mode automatique. Là l'appareil gère l'exposition pour vous et essaie de produire le meilleur cliché possible en fonction de la scène.
Ensuite vous avez le mode selfie: l'appareil va ajuster la focale et l'exposition pour ce type de photographie; pensez donc bien à utiliser ce mode si vous voulez faire un selfie.
Troisième mode, le mode macro pour des prises de vue rapprochées avec une distance de 30 à 50 cm. Là j'insiste, évitez au maximum d'utiliser le flash et désactivez-le si vous voulez éviter de cramer vos photos. Encore une fois il va falloir tâtonner un peu au début mais mon expérience en mode macro avec le flash n'est pas top. Autre info, en mode macro le cercle qui se trouve au centre du viseur n'est plus la cible principale. Si vous voulez prendre une fleur en photo par exemple, il faudra cadrer avec la partie inférieure gauche du viseur parce que dans ce mode le centre du cercle devient la partie supérieure droite de la photo. Lorsque vous aurez flingué 2 ou 3 photos, mon explication deviendra super clair...

On passe à la suite avec le mode paysage: là je crois que c'est assez simple à comprendre donc je passe.

Le mode double exposition: avec ce mode vous allez pouvoir placer deux clichés sur un même film pour des effets assez sympas. Là aussi faites attention à l'utilisation systématique du flash, ça surexpose très vite. Vous avez réellement un nombre infini de possibilités avec ce mode et l'ajout des clips devrait permettre de vous éclater encore un peu plus.

On finit avec les deux derniers modes: lighten et darken pour augmenter ou réduire l'exposition de vos photos en fonction de l'éclairage ambiant. Si par exemple vous prenez une photo de quelqu'un à contre jour avec un grand ciel bleu en arrière-plan, pensez à utiliser le mode lighten. Votre ciel sera alors très très clair mais votre sujet bien exposé.

L'instax SQ6 avec ses trois coloris est disponible sur le marché depuis le 25 mai pour 139 euros. Côté pack de film vous trouverez les traditionnels format blancs et Fujifilm a annoncé qu'ils allaient sortir des packs aux bords noirs. Si vous voulez vous faire plaisir en produisant des clichés au format carré, c'est de mon point de vue le meilleur appareil disponible actuellement. Au format Instax Mini, je vous recommande le mini 90 qui reprend les mêmes fonctions mais au format rectangulaire.

Et voilà on a fait le tour. Que vous utilisiez des instax ou pas, faites des photos, partagez les avec tout le monde dans les commentaires MAIS SURTOUT abonnez-vous à la chaîne 800iso (www.800iso.com) si cette vidéo vous a plu !

X100F

FRENCH

Octobre 2016 | "Bonjour Patrice, pour le lancement du X100F en 2017, nous avons besoin de photographies et de photographes. Es-tu partant ?" Quelques jours plus tard le prototype du X100F posait fièrement sur mon bureau et allait devenir mon compagnon de route pendant plusieurs mois.

Il est sans doute utile de préciser plusieurs points avant de poursuivre. Le boîtier en ma possession est un prototype et la version du firmware que j'utilise n'est pas la version finale. Cette publication n'est donc pas un test technique détaillé. Je n'ai pas pu ouvrir ni travailler sur les fichiers RAF. Les images que vous verrez plus bas ont été développées dans Adobe Lightroom à partir des fichiers JPG produits par le boîtier. Enfin Fujifilm France (dont je tiens à remercier les équipes pour leur confiance) ne me rémunère pas pour écrire ou parler du X100F et découvre le contenu de mon article aujourd'hui, comme vous.

ENGLISH

October 2016 | "Hi Patrice, we're planning to launch the X100F in 2017; we're looking for pictures and photographers. Interested?" A few days later a prototype of the forthcoming camera was sitting proudly on my desk and it would become my new best matte for several months.

It certainly makes sense to stress a few things at this stage.. The camera I work with is a prototype and its firmware isn't final; still a beta version. Therefore this article is not an in-depth technical review. All the potential features aren't implemented yet and I couldn't open nor develop the RAF. All the pictures below are out of the camera JPG files edited in Adobe Photoshop CC. I don't get paid by Fujifilm to write or speak about the X100F which Fujifilm France kindly offered me to test for several months. Like yourselves they discover and read this article for the first time today.

A première vue, difficile de différencier le nouveau boîtier de son prédécesseur. Il ne faut cependant pas longtemps pour se rendre à l'évidence: Fujifilm a une nouvelle fois écouté ses clients. Depuis le lancement du premier X100, le fabricant ne cherche pas à révolutionner une recette qui a fait ses preuves mais plutôt à l'affiner un peu plus à chaque itération. Pari réussi avec le X100F qui reprend notamment toutes les nouveautés apparues avec le lancement du X-Pro2 à savoir :

  • un capteur X-Trans CMOS III de 24 megapixels,
  • un viseur hybride avec une partie électronique encore plus fluide, 
  • la simulation de film ACROS,
  • un autofocus plus efficace (en particulier dans des environnements sombres),
  • une ergonomie homogène avec les appareils les plus récents de la gamme X Series,
  • l'apparition d'un joystick et d'un bouton de contrôle sur le levier de sélection du viseur,
  • la bague de mise au point peut désormais se voir attribuer des fonctions (notamment un zoom digital comme sur le X70)
  • comme sur le X-Pro 2, le X100F possède une molette hybride ISO / Vitesse
  • une molette de contrôle avant
  • un écran LCD de 3 pouces,
  • la possibilité de compenser de + ou - 5 diaph
  • augmentation de la cadence de prise vue en continue
  • une batterie plus grande et donc une meilleure autonomie

Grâce à toutes ses améliorations Fujifilm rend le X100F encore plus intuitif et agréable à utiliser. Pour être franc, une fois l'appareil paramétré avec mes propres réglages, je ne touche presque plus jamais à rien dans les menus. Même le fameux menu Q devient moins indispensable. Un bémol ? Quelques uns. J'aimerais pouvoir renommer les paramètres prédéfinis autrement que par C1, C2, ... Un boîtier resistant aux intempéries aurait été formidable et même si c'est très personnel, un écran inclinable reste sur ma liste de voeux. A part ça c'est presque un sans faute et je ne voudrais pas être à la place des ingénieurs qui devront plancher sur le prochain boîtier car Fujifilm approche de l'excellence avec le X100F.

Si vous possédez déjà le X100T, la prise en main se fera tout naturellement. Côté finition le X100F est superbe: la batterie est plus grosse (enfin!), chaque bouton et chaque ouverture idéalement placé (surtout pour des grandes mains comme les miennes), les bagues coulissent parfaitement, le viseur toujours aussi unqiue. Au quotidien le X100F est un T avec un turbo sous le capot. L'autofocus patine très rarement même quand la lumière se fait cruellement sentir et la cadence accélerée des prises de vues en continue permet de ne rien laisser passer. La section vidéo prend aussi un coup de fouet comme sur le XPro2 (pas de 4K donc mais une qualité d'image qui n'a plus à rougir des concurrents).

Comme je l'ai déjà évoqué plus haut le boîtier avec lequel je photographie depuis quelques mois est un prototype et certaines fonctions doivent encore être implémentées et certains bugs/oublis corrigés. J'attends également avec impatience de pouvoir développer les fichiers RAF pour exploiter tout le potentiel du nouveau capteur et publier un article plus complet sur le X100F.

En attendant, voici quelques clichés. Les images ci-dessous ont toutes été développées dans Photoshop CC. La plupart du temps, il s'agit de recadrages ou d'ajout de contraste de façon sélective. J'ai également placé plus bas deux exemples AVANT/APRES où la retouche a été plus forte. Dans tous les cas de figures le fichier source est un JPG issu de l'appareil.

At first sight it is difficult to differentiate the new camera from its predecessor. However you'll only need to spend a few minutes with the X100F to face the facts: one more time Fujifilm listened to their customers. Since the very first X100 came to the market the camera maker isn't trying to revolutionize an amazing and successful recipe. Instead each body iteration gets its share of tweaks and fine tuning. This time again Fujifilm met the challenge with the X100F. Almost all the new features which came with the X-Pro2 are on board:

  • a new 24 megapixels X-Trans CMOS III sensor,
  • the EVF of the hybrid finder benefits from an increased refresh rate, 
  • ACROS film simulation,
  • the autofocus is punchier (especially in dark environments),
  • the design and user interface is in line with the latest X Series cameras,
  • a new joystick and a function button on the OVF/EVF lever,
  • like on the X70 there is a control ring on lens,
  • the X100F features an integrated ISO/Shutter dial,
  • a front wheel,
  • a 3" LCD screen,
  • Exposure compensation of plus or minus 5 EV with “C” setting
  • Continuous shooting (up to 8 frames / sec)
  • a new (and larger) battery

Thanks to all these new additions Fujifilm managed to make the X100F even more user friendly and easier to use. To be honest once my own parameters are set I really browse in the menus. Even the useful Q menu is less of a necessity since I can control almost everything with the body. Any misses? Well yes. I'd like to be able to rename my personal settings into something else than C1, C2, ... and I would have liked some form of weather sealing.  Beyond these two details Fujifilm is getting close to perfection and I wouldn't want to walk in their engineers' shoes. Working on the next X100 should be a challenge.

If you already own the X100T you should feel at home. Like its predecessors the X100F is extremely well built: the battery life is improved (finally!), each button, door and function is ideally placed (especially if you have big hands like mine), the focus ring is perfectly smooth, and the viewfinder is still unique. To make it short the X100F is a T with steroïds. The autofocus is almost always spot on even if light is missing, and thanks to the improved continous shooting modes you'll find it hard to miss the action. Finally on the video front the X100F gets a real boost and is similar to the X-Pro 2. It has nothing to be ashamed of anymore (although no 4K).

As I said before the camera I use since several months is a prototype, and a few features still need to be implemented or turned on. I can't wait to open and develop the RAF files in order to benefit from the new sensor's full potential. Once I can do that I'll publish an in-depth review for the X100F.

In the meantime I've placed a few pictures taken with the X100F below. All are JPG files which were developed in Adobe Photoshop CC. Most of the time I only cropped and / or added a bit of contrast. In two cases I pushed the editing a bit further. I placed a before/after section for you to see the difference between what came out of the camera and the final version.

Avant | Après

Interview | Gérald Géronimi


Retrouvez ci-dessous l'interview de Gérald Géronimi en version française. Photographe de mariage et Ambassadeur Fujifilm, Gérald répond sans filtre à mes questions. Vous pourrez trouver tous les liens vers ses sites et réseaux sociaux à la fin de l'entretien. Initialement publiée sur X100C, vous pouvez accéder à la version anglaise sur cette page. Un grand merci à Gérald pour son temps et sa gentillesse.

Toutes les photos © Gérald Géronimi

* * * * *

Comment es tu arrivé dans le monde de la photo ? Ou du moins quand ton intérêt pour la photo a t’il été suscité ?

Lors d’une journée passée au Festival de Cannes, je devais avoir 12 ou 13 ans. Au moment de la montée des marches, alors que j’étais dans la foule avec mes parents, j’avais réussi à me faufiler et à me retrouver au milieu des photographes sur le tapis rouge ! A ce moment là, je me suis dit que ce devais être un métier vraiment sympa, car ils avaient les meilleurs places pour voir les Stars ! Quelques années plus tard, j’ai eu la chance de me retrouver sur ce même tapis rouge, comme photographe pro ! (Et notamment lors des NRJ Music Awards, dont je fais les photos chaque année depuis 10 ans) Réaliser son rêve d’enfance, c’est magique !!!

Ta formation ? Autodidacte ou tu as suivi des cours ?

Je suis titulaire d’un diplôme de photographe. Mais j’ai réellement appris et découvert le métier en 1993, lors de mon service militaire au service photos/vidéos des Marins Pompiers de Marseille.

Ton premier appareil photo?

Le tout premier était un « jetable » argentique avec zoom intégré que m’avaient offert mes parents lors de cette fameuse journée au Festival de Cannes ! J’avais réussi à faire un portait de Sylvester Stallone avec ! J’étais tout fier ! Rire… Plus sérieusement, mon premier appareil à usage « pro » était un Canon Eos 50e argentique. Le seul à l’époque avec le pilotage de l’AF à l’oeil !

Combien de mariages photographies-tu en moyenne par an ?

Je me limite à environ 20 mariages par an. En 20 ans, je te laisse faire le calcul du nombre d’amoureux que j’ai déjà photographié, rire… Du coup, d’une année sur l’autre, mes saisons se remplissent assez vite et mes prestations restent forcement très confidentielles.

Travailles-tu seul ou avec un ou des assistants ?

J’ai toujours travaillé tout seul ! Sur mes mariages par exemple, je travaille avec le minimum de matériel. J’aime être libre de mes mouvements pour être le plus spontané possible ! C’est pour cela que la taille des boitiers « Fujifilm » convient parfaitement à ma philosophie et à mon approche.

Contrairement à beaucoup de photographes pro tu ne sembles pas être un bloggueur acharné (et pourtant tu as un blog). Est-ce par désintérêt ou tout simplement parce que tu n'aimes pas écrire ou encore parce que cela n'apporte pas grand chose pour ton business?

Tu es le premier à me poser cette question et j’en suis vraiment très content ! Je suis un grand consommateur de blog et de livre et j’aime vraiment écrire ! Mais je suis aussi très (trop) perfectionniste et cela me prend vraiment trop de temps de faire un article ! Du coup j’utilise beaucoup plus les réseaux sociaux pour parler/partager/échanger ma passion avec le plus grand nombre.

Approches-tu chaque projet de façon différente ou as tu un workflow bien défini que tu utilises désormais systématiquement ?

Les deux ! J’ai mon propre « workflow », qui évolue sans cesse aux fils des années et que j’adapte à chaque mariage. Mais je n’hésite pas aussi à sortir de ma « feuille de route » afin d’aller chercher de nouvelles images qui finiront toujours par surprendre mes mariés !

Comment te prépares-tu pour les shooting ?

Le jour du mariage, j’ai réellement besoin d’être le plus serein possible et de me sentir 100% en confiance, aussi bien avec mon matériel qu’avec les mariés et les invités ! Pour cela, je fait un gros travail de préparation, en amont, avec eux. Ceci afin de cerner le plus possible leurs attentes et leurs personnalités ! Tout est noté sur une simple feuille de papier que je garde dans ma poche, avec une copie dans mon smartphone ! (De mes vêtements à mes boitiers, J’essaye de tout prévoir en double, on ne sait jamais.) Bien sur je n’ai pas besoin de te préciser que mon matériel est révisé/nettoyé/vérifié avant chaque mariage… c’est le minimum ! En résumé, même si on ne sait jamais comment va se dérouler la journée, rien n’est laissé au hasard… La créativité n’est rien sans réactivité ! Si dans la journée une photo se présente (Une lumière, un lieu, un moment..) et que tu n’est pas prêt… personne ne va t’attendre ! Et surtout pas le curé…

Y a t’il un domaine (dans la photographie) où tu souhaiterais être meilleur ?

Je cherche surtout à être le meilleur pour mes mariés ! Et j’aime à dire que le photographe qui à fini d’apprendre soit il est prétentieux, soit il est mort ! Finalement être le meilleur est une quête sans fin !

Quel matériel utilises tu pour tes besoins professionnels et à titre personnel ?

Mon matériel pro se compose deux XT1 Graphite Silver, le XF 16mm F1.4, le XF 35mm F1.4, le XF 56mm F1.2, le Samyang 8mm. F2.8. Mon matériel personnel d’un Fuji X100S et d’un iPhone 6. Enfin un Yashica Mat 124g 6x6 (moyen format argentique), pour le plaisir.

Ton passage chez Fujifilm a généré un petit buzz sur le net francophone. Tu t'y attendais?

Sincèrement pas du tout ! J’ai réellement réalisé l’ambleur du buzz le jour ou j’ai reçu un coup de fil du Chef Produit de Fujifilm France pour me proposer d’être Ambassadeur de la marque ! Et puis, avec le recul, je comprends que cela ait suscité beaucoup d’interrogation dans la grande familles des photographes ! Le gars il bosse depuis 20 ans avec ce qui se fait de mieux en reflex numérique, il fait des images plutôt sympa (enfin je crois, rire…) et il plaque tout, pour des petits boitiers hybride au look rétro ! Mais je ne suis pas le premier à avoir eu cette démarche, et surement pas le dernier !

Y'a t'il encore quelque choses qui te manque dans la gamme Fujifilm ?

Oui, un système de flash avec transmetteur radio qui soit, facile, rapide et fiable à utiliser ! Pour le moment j’utilise des « cactus V6 » avec des flashs cobra, mais ça reste du « dépannage » en attendant mieux !! Monsieur Fuji si tu m’entends ?

Qu’est ce qui t’a poussé ver Fujifilm ?

J’ai eu un coup de foudre pour le petit X100S que je me suis offert, au départ, pour un usage personnel. Bluffé par la qualité de ses fichiers, sa convivialité et sa discrétion, j’ai commencé à l’emporter avec moi sur mes mariages. Ravi de cette première belle expérience avec Fuji, la suite logique a été de me tourner vers le X-T1 et sa gamme d’objectifs.

Une chose que tu voudrais changer sur tes boîtiers Fujifilm ?

Le XT1 est tellement performant et abouti qu’il comble mes attentes de pro ! Cependant je vais te raconter une petite anecdote. Figure toi qu’un des responsables de Fujifilm France m’à posé la même question, il y à quelques jours ! Ma première réponse à été un deuxième slot pour pouvoir travailler avec deux cartes SD simultanément (un photographe pro à toujours besoin d’être rassuré). Du coup il m’a montré un XT1 « desossé » et quand tu vois l’intérieur de ce boitier, où tout est calé au millimètre et ou rien n’est laissé au hasard, tu te dis que rajouter un deuxième slot, ça ne se fait pas juste en claquant des doigts ! Mais je saurai être patient ! Rire…

Un message, un conseil à ceux qui souhaitent se lancer dans la profession de photographe de mariage ?

J’ai trois secrets : Travail, amour, passion !

Photographies-tu encore en argentique et si oui avec quoi et pour quel type de projets?

Oui, j’ai acheté moyen format argentique 6x6 en début d’année ! Pour les connaisseurs il s’agit du « rolleiflex japonais », le Yashica Mat 124G. Pour le moment, je m’en sert uniquement à titre personnel, notamment en voyage. Et je développe moi même mes photos, quel pied !

Est-ce que Photoshop / Lightroom sont important dans ton travail ?

J’ai eu la chance de découvrir la photographie à l’époque de l’argentique ! A cette période je partais couvrir une journée mariage avec 10 pellicule de 36 poses, et c’est tout ! Inutile de te dire que chaque photo était précieuse et que tu avais plutôt intérêt à t’appliquer à la prise de vues ! (mon prof de photo me disait souvent « Tu ne fera jamais briller une merde » ! ) Aujourd’hui encore j’ai gardé cette habitude de travail. J’utilise donc assez peu photoshop (voir pas du tout) et Lightroom surtout pour l’editing, le catalogage et l’archivage.

Utilises tu l’iphone ou un autre téléphone intelligent pour faire des photos ?

Bien sur ! Je suis complément accro à l’appareil photo de mon iPhone, surtout pour faire des photos de mon petit bonhomme de 15 mois ! Mais j’ai de plus en plus tendance à utiliser la fonction wifi du XT1, c’est vraiment sympa de pouvoir transférer immédiatement ses photos dans son smartphone pour les partager avec ses amis !

Le moment dont tu es le plus fier en tant que photographe ?

Le moment ou je rend les photos, c’est magique de se dire que tu apporte du bonheur aux personnes qui passent devant ton appareil ! La photographie finalement ce n’est que de l’amour et du partage.

Qu’est ce qui t’inspire ou qui t’inspire ?

La vie des gens passionnés (connus ou moins connus), m’inspire énormément ! Je suis un accro aux gens passionnés ! Ils me font rire, me font pleurer, me font rêver ! Ca va du petit artisan qui me parle de son métier avec les yeux qui pétillent, à l’incroyable réussite de Donald Trump ou de Steeve Job ! Le talent de Gainsbourg, Michael Jackson, Aznavour, Picasso, l’amour de Mere Teresa, la sagesse du Daila Lama, la force de Nelson Mandela… Il y en a tellement… Quelle folie inépuisable poussent ces personnes, à assouvir leur soif de comprendre, de créer, d’aimer, de partager, de changer le monde ? Toutes ces histoires me fascinent et m’inspirent énormément !

La photo dont tu es le plus fier ?

La première photo de mon petit bonhomme, sur le ventre de sa maman !

As-tu quelques images avec un avant / après que tu pourrais partager avec nous ?

Avec plaisir ! Voici deux photos réalisée tout récemment avec le nouveau Fuji 16mm f/1,4.

Qui sont tes photographes ou artistes préférés ?

Il y en a tellement ! Mais c’est surtout ce qui se cache derrière chaque artiste qui m’intéresse. Par exemple la vie de Picasso est passionnante et aide à comprendre son œuvre ! Au delà de l’esthétisme des photographies de Sebastian Salgado, lire sa biographie permet de mieux apprécier sa démarche ! Récemment j’ai été subjugué par l’incroyable histoire de Vivian Maier, la nounou photographe ! Tu comprends pourquoi j’ai beaucoup plus tendance à lire des biographies qu’à collectionner des livres de photographes !

Avec tous ces appareils photos qui offrent des possibilités vidéo, filmes tu aussi ? Ou utilises-tu les services d'un tiers lorsque le client demande une prestation filmée ?

Non chacun son métier ! Je les oriente vers un ami « Videaste » talentueux ! (Petite dédicace à mon ami Sylvain)

La chose la plus folle que tu ais fait pour obtenir l’image que tu voulais ?

Sauter en élastique dans le Var ! Grimper en haut de la grande échelles des pompiers de Marseille ! Etre suspendu dans le vide à bord d’un hélicoptère au dessus de la Méditerranée ! Me lever à 3h00 du matin pour être tout seul devant le temple d’Abu Simbel ! Faire des heures de voiture au fin fond de l’Afrique pour photographier des fiançailles traditionnelles dans un village Burkinabé ! Tenir tête au Garde du Corps des « Black Eyes Peas » ! Attendre une journée entière que Michael Jackson veuille bien faire un coucou au balcon de sa suite du Carlton à Cannes ! Assister à une opération à Coeur ouvert, alors que je tombe dans les pommes des que je vois une goutte de sang ! Bon j’arrête là ! Rire….

Que fais tu lorsque tu n’es pas derrière l’appareil photo ?

Je m’occupe de ma petite famille et notamment de Bébé Emile ! Mais forcement je lui fais plein de photos et fini toujours par me retrouver derrière un appareil !

Où te vois tu dans 5 ans ?

Derrière mon appareil photo, continuant à faire de belles découvertes et de belles rencontres ! Sur quoi travailles tu actuellement ? Sur ma saison mariage 2015 bien sur !

Avais-tu un autre métier avant d’être photographe et qu’est ce qui t’as poussé à devenir photographe ? Ou le métier de photographe est il ton unique métier ?

J’ai toujours vécu « de » et « pour » la photographie ! Plus qu’un métier, plus qu’une passion, c’est mon mode de vie !

Quel type de photographie aimes-tu ?

Je suis fasciné par les photos de guerres et de conflits ! Je ne sais pas si c’est parce que c’est un peu à l’opposé de mes photos de mariage ? En tout cas, je suis un grand admirateur des photographies de James Nachtwey.

Comment est ce que la popularité de tes images a affecté ton travail ?

Cela fait toujours plaisir de voir que ces photos font le « buzz » et de recevoir des gentils témoignages et autres commentaires ! Cependant le but premier de mes photos reste toujours la satisfaction de mes mariés ! Car faire des belles photos est une chose, mais faire des photos qui leur ressemble et qui raconte leur histoire c’est encore plus important !

Tu préfères travailler en noir et blanc ou en couleur ou cela t’indiffère ?

Les deux ! J’aime trop la photographie pour me priver de l’un ou de l’autre !

Quelle est la photo la plus compliquée que tu aies eu à prendre et comment t’es tu débrouillé pour obtenir ce que tu souhaitais ?

La première photo « studio » de mon fils, pour son faire-part de naissance ! Je me suis dit, ça va être plus facile car c’est le mien. Et bien il m’a fallut presque une journée pour la faire ! Rire !!!

La photographie de mariage = une passion? Ou un job? Aucun aspect péjoratif dans la question mais certains photographes de mariage aiment plus l'aspect humain du mariage que l'évènement lui-même.

J’aime me présenter comme le photographe des amoureux et des gens heureux ! Car la photographie est pour moi bien plus qu’une simple passion ou qu’un simple travail ! Mere Teresa à dit : "Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux." Je rajouterais, et sans l’avoir photographié !

Ton objectif rêvé ?

Il y en à deux, le LEICA Summilux 24mm f/1.4 et le Leica Noctilux 50 mm f/0,95 !

Un boîtier, un objectif et c'est tout. Lesquels prends-tu avec toi?

Tu connais déjà la réponse ! Sans hésitation le boitier qui m’à fait découvrir l’univers Fuji, j’ai nommé l’incroyable X100S avec son complément optique « Grand Angle » WLC-X100S. Cette appareil, au même titre que le Leica M ou le Rolleiflex, est pour moi un appareil qui va devenir mythique ! Si il ne l’est pas déjà !


XF 16mm f/1.4 R WR (English)

Note: Vous pouvez retrouver la version française de compte-rendu ici.

I’m not going to lie to you; I wasn't particularly excited to test the XF 16mm (equivalent to 24mm on full frame cameras) when Fujifilm announced its latest roadmap. Weird. Indeed I used to dream about Canon's L series and specifically the 24mm lens. But since I already own the XF 16-55mm zoom which flexibility, sharpness and f/2.8 aperture all work really well for me, I couldn't see how this fixed lens would find a place in my bag. Well, I was probably wrong.

© Patrice Michellon - f/14, 200 ISO, 1/45s

Before you read further I would like to point out a few things. My report will not contain any detailed technical analysis nor graphics to study. For this I would suggest you visit specialised websites like DP Review. Also you will not find any street photography pictures as I tested the lens for landscapes mainly. I rarely shoot in "documentary" mode and if I do so my go to camera remains the X100T.

 

Thanks to Fujifilm France I was able to use the lens for an entire week on the French Atlantic coast (Royan). I think both the camera body and the lens tasted a bit of everything: rain, wind, sand and sometimes sun. Therefore the lens' WR label (for Weather Resistant) was more than welcome. With both the X-T1 and the XF 16mm I could shoot outdoor everyday without having to worry about the weather conditions.

Like all X-Premium lenses, the XF 16mm benefits from a superb all-metal construction and finish. The focusing ring is extremely smooth and street photographers will love the addition of a depth of field scale. If you already use the XF 23mm then you will fill like home with its little brother. Two things immediately apparent are the size and weight of the lens. Both are specific and probably the "raison d'être" of Fujifilm's X series but it became even more obvious once I put back the XF 16-55mm zoom on my X-T1. Suddenly the zoom felt big and very heavy.

If like I did you use the XF 16mm in conjunction with the X-T1 and a carbon fiber tripod you will discover the joy of traveling photography without compromise. Add in a few filters and you're set for any situation, no matter what the weather forecast says. The best part of all? The whole kit fits in a small bag. I could barely hide a big smile when I arrived in Mornac to capture the sunset. I was surrounded by other photographers (as well as by their camera bags) with their big and heavy DSLRs and lenses. The ground was very wet and unstable because of all the rain we had for several days. Being able to move quickly and easily with small gear is invaluable. In some cases this is what makes the difference between getting the shot or not.

© Patrice Michellon - f/11, 200 ISO, 1/250s

The XF 16mm's autofocus is fast and reliable. It benefits from the internal focusing and worked perfectly. The time when the X-Pro 1 and the XF 18mm f/2 wouldn't focus properly are long gone.

© Patrice Michellon - f/7.1, 200 ISO, 1/150s

Even at f/1.4, the lens is tack sharp. The picture below was taken hand held with almost no light anymore, the sun had almost disappeared (around 9:10pm).

© Patrice Michellon  - f/1.4, 200 ISO, 1/280s

OK, I’m testing a lens with a maximum aperture of f/1.4 and we don't see a single shot with blurred backgrounds? You've gotta be kidding? Relax, here they come. Don't worry about the bokeh, the XF 16mm f/1.4 gets 5/5. Creamy and crazy soft backgrounds.

© Patrice Michellon - f/1.4, 200 ISO, 1/350s

© Patrice Michellon - f/2.8, 200 ISO, 1/850s

The Nano-GI treatment works like a charm. It was already the case with the 16-55mm f/2.8 WR zoom. I almost never experienced significant flare issues even when shooting straight into the sun. Below is one example where I had the sun in front of me. It is the kind of shot where one realizes how much detail can be recovered in the dark areas during the post-processing. The X-Trans sensor is really great for this.

© Patrice Michellon - f/14, 200 ISO, 1/340s

Lightroom CC doesn't include a specific lens profile for the XF 16mm yet but even without applying any particular lens correction I would say that all shots are perfectly acceptable.

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/80s

Right when I get to test the XF 16mm, Adobe announces a new Lightroom version. I had to test the new HDR and Panorama functions. Both are so well implemented that photographers get fewer and fewer reasons to use Photoshop. Also I wouldn't be surprised if we see a lot of HDR and Pano work everywhere on the internet over the coming weeks. Anyway, you've been served; first a HDR shot and then a panoramic one (made of 5 pictures).

© Patrice Michellon - HDR edited in Lightroom CC

© Patrice Michellon - Panorama edited in Lightroom CC

Time for a few black and white shots.

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/240s

© Patrice Michellon - f/8, 200 ISO, 1/750s

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/170s

It is hard not to test the electronic shutter with such a lens before leaving the place. Window and sun reflections make perfect candidates. As you can see below the lens is sharp even at f/1.4.

© Patrice Michellon - f/1.4, 200 ISO, 1/10500s

What else can I tell you about this lens? Well, maybe that I found it difficult to use it for portraits. Nothing to do with the lens, it is more related to my shooting style. I tend to capture portraits at 50 or 85mm and use either the 16-55mm zoom or the XF 56mm (and I might use the XF 50-140mm at some point). I would probably need more time with the XF 16mm to get used to it.

Picture on the left: f/1.4, 1600 ISO, 1/32000s

If I had to chose? Tough. Basically you have two options now. On one side you get the great aperture and the best optical quality with both the 16mm and the 56mm fixed lenses. On the other side you get flexibility with an already amazing quality. Price is also on the + side for the zoom. Weight? Well taken individually the fixed lenses win. But if you need both for the job then the weight is the same. You guessed well. Photographers allergic to zooms will rush on this new XF 16mm R WR with no hesitation. As far as I'm concerned, reason still prevails (for now) and I will continue to use the XF 16-55mm f/2.8 WR zoom as my main kit lens (until I can afford the 16mm).

A lens review without pictures of the lens? Come on! Now way! Here are a few shots with one showing the lens on the X-T1 and another one with the lens next to the XF 16-55mm f/2.8 WR zoom.

POST PROCESSING

  • Adobe Lightroom CC (2015)
  • Adobe Photoshop CC

GEAR USED

  • Camera: Fujifilm X-T1
  • Lens: Fujifilm XF 16mm f/1.4 R WR
  • Tripod: 3 Legged Thing Brian + Airhead 1

XF 16mm f/1.4 R WR (Français)

Note: You can read the English version of this review here.

Je ne vais pas vous mentir, l'annonce du XF 16mm (équivalent 24mm en plein format) ne m'avait pas plus ému que cela. Et pourtant je me rappelle d'une époque où la série L et plus particulièrement le 24mm de Canon me faisait rêver. Mais possédant déjà le zoom XF 16-55mm dont la flexibilité, le piqué et l'ouverture constante f/2.8 me conviennent parfaitement, je voyais mal comment ce fixe pouvait trouver sa place dans mon sac. Erreur.

© Patrice Michellon - f/14, 200 ISO, 1/45s

Avant d'aller plus loin dans ce compte-rendu, je tiens tout de suite à préciser que vous ne trouverez pas de mires ou d'analyses techniques détaillées sur l'objectif. Pour cela je vous renvoie vers des sites plus spécialisés. Vous ne trouverez pas non plus de photographies de rue car j'ai principalement utilisé cet objectif pour capturer des paysages. Je travaille peu en mode reportage et quand c'est le cas, mon boîtier favori reste le X100T.

 

Grâce à Fujifilm France j'ai donc pu utiliser cet objectif pendant une semaine du côté de Royan en Charentes-Maritimes. Il aura eu le droit à la pluie, au vent, au sable et à quelques rayons de soleil. Le sigle WR (pour Weather Resistant) porte bien son nom. Associé au boîtier X-T1 j'ai pu photographier tous les jours sans appréhender les caprices de la météo.

Comme tous les objectifs de la gamme X-Premium, la construction tout métal et la finition sont superbes. La bague de mise au point est parfaitement fluide et la présence d'une échelle de profondeur de champ ravira les adeptes de Street Photography. Si vous utilisez déjà le 23mm, vous serez en terrain conquis. La légèreté et la taille globale du XF 16mm surprennent. Certes c'est l'un des points forts de la gamme X en général mais c'est encore plus flagrant lorsqu'on fixe de nouveau au boîtier le 16-55mm (que je trouve lourd depuis que le 16mm est passé dans mes mains).

Si comme moi vous utilisez ce 16mm avec le X-T1 et un trépied en carbone vous découvrirez les joies de la photographie nomade sans compromis. Ajoutez-y un lot de filtres et vous serez prêt pour toutes les situations peu importe le temps; de f/1.4 à f/16. Cerise sur le gâteau ? Le tout tient dans un petit sac. Difficile de ne pas sourire lorsqu'en arrivant dans le petit village de Mornac pour photographier un coucher de soleil je me suis retrouver entouré de photographes (eux-même entourés de nombreux sacs), tous équipés de réflex et d'objectifs pesant un bon kilogramme ou plus. Après les pluies abondantes des derniers jours, le sol était instable et boueux. Je le savais déjà mais j'ai de nouveau pu constater que pouvoir se déplacer facilement avec du matériel léger et performant n'a pas de prix. Dans certains cas, c'est ce qui fait la différence lors d'une session photo.

© Patrice Michellon - f/11, 200 ISO, 1/250s

L'autofocus du XF 16mm est très efficace et bénéficie d'une mise au point interne comme sur tous les objectifs récents de la marque. Je n'ai pas pu le prendre en défaut avec le X-T1. On est désormais bien loin de l'époque où le X-Pro 1 et le XF 18mm f/2 patinaient trop souvent.

© Patrice Michellon - f/7.1, 200 ISO, 1/150s

Même à f/1.4, l'objectif fait preuve d'un piqué chirurgical. La photo ci-dessous a été prise à main levée au moment où le soleil disparaissait presque totalement (vers 21h10).

© Patrice Michellon  - f/1.4, 200 ISO, 1/280s

Il a un objectif f/1.4 dans les mains et on ne voit pas un seul cliché avec des arrière-plan flous ? Mais si, j'ai aussi testé le "bookeh" :) Aucune inquiétude à avoir, le XF 16mm tient le haut du pavé.

© Patrice Michellon - f/1.4, 200 ISO, 1/350s

© Patrice Michellon - f/2.8, 200 ISO, 1/850s

Le revêtement Nanon-GI dont bénéficie l'objectif fait une nouvelle fois des merveilles. C'était déjà le cas pour le zoom 16-55mm f/2.8 WR. Je n'ai presque jamais eu de problème de "flare" même en pointant l'objectif directement vers le soleil. Ci-dessous un exemple un peu extrême où j'ai clairement le soleil en face de l'objectif. Autre point remarquable du capteur X-Trans: la possibilité de récupérer une grande quantité d'information dans les zones sombres.

© Patrice Michellon - f/14, 200 ISO, 1/340s

Lightroom CC n'a pas encore de profil spécifique pour le XF 16mm afin de corriger les déformations mais même sans, cela reste parfaitement acceptable.

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/80s

Au moment où on me prête le XF 16mm sort une nouvelle version de Lightroom. Il fallait tester les nouvelles fonctions HDR et Panorama du logiciel. Si. Il le fallait. C'est chose faite et elles sont si bien implémentées qu'il y a de moins en moins de raisons d'aller faire un tour dans Photoshop CC. Vous avez donc dans l'ordre un petit HDR et un panorama (5 photos).

© Patrice Michellon - HDR édité dans Lightroom CC

© Patrice Michellon - Panorama édité dans Lightroom CC

Un peu de noir et blanc pour finir... 

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/240s

© Patrice Michellon - f/8, 200 ISO, 1/750s

© Patrice Michellon - f/13, 200 ISO, 1/170s

Difficile de ne pas essayer l'obturateur électronique avant de quitter les lieux. Une fenêtre et le reflet du soleil pour illuminer le capteur feront parfaitement l'affaire. Comme vous pouvez le voir le XF 16mm pique fort même à f/1.4.

© Patrice Michellon - f/1.4, 200 ISO, 1/10500s

Que dire de plus sur ce superbe objectif ? Peut-être que j'ai eu du mal à l'utiliser pour des portraits. Il faudrait pour cela que j'ai plus de temps pour expérimenter avec. Pour mes portraits je travaille généralement plus serré et j'utilise le 56mm ou le zoom 16-55mm (en attendant de tester le XF 50-140mm).

A gauche: f/1.4, 1600 ISO, 1/32000s

Si je devais faire un choix ? Entre acheter le 16mm et le 56mm ou ne prendre que le 16-55mm, mon coeur balance. D'un côté il y a l'ouverture et la qualité optimale des focales fixes, de l'autre la flexibilité du zoom qui est exceptionnel et surtout moins cher mais son encombrement reste plus significatif. Le poids ? Pris individuellement les focales fixes sont imbattables cependant s'il vous faut les deux objectifs dans le sac, le match est nul. Vous l'aurez compris, les allergiques aux zooms pencheront sans hésiter vers ce XF 16mm f/1.4 R WR. De mon côté, la raison l'emporte (pour le moment) et le zoom XF 16-55mm f/2.8 WR reste encore l'objectif principal de mon kit photo (en attendant de pouvoir financer un XF 16mm).

Un test matériel sans photo du produit? Vous n'y pensez pas mon bon Monsieur ! Ci-dessous voici donc quelques vues du coupable avec notamment le XF 16mm f/1.4 R WR sur le boîtier X-T1 et à côté du zoom XF 16-55mm f/2.8 WR.

Retouche

  • Adobe Lightroom CC (2015)
  • Adobe Photoshop CC

Matériel

  • Boîtier: Fujifilm X-T1
  • Objectif: Fujifilm XF 16mm f/1.4 R WR
  • Trépied: 3 Legged Thing Brian + Airhead 1